L’hôpital Bernard Mevs en grandes difficultés financières

L’hôpital Bernard Mevs (HBM), centre de référence de trauma en Haïti, fait face à des problèmes financiers graves. Les risques de sa fermeture paraissent chaque jour plus évidents tant que les dettes de ses créanciers s’accumulent depuis trois ans. Les évènements du « peyi lòk » ont enfoncé davantage le couteau dans la plaie, affirment les docteurs Bitar, indiquant qu’au cours de ces trois derniers mois, l’hôpital a soigné environ 230 plaies par balle gratuitement, sans compter les accidentés de la voie publique et d’autres cas d’urgence.

« Les créanciers, tous ceux qui ont des dettes envers l’hôpital Bernard Mevs, faites un effort, passez vous acquitter de vos dettes, ainsi vous participerez au sauvetage de votre hôpital et empêcherez le pire », ont appelé les docteurs Bitar, responsables de l’hôpital, qui jugent opportun de lancer ce S.O.S afin de voler au secours de cette institution utile à la communauté.

L’hôpital Bernard Mevs, centre de référence de trauma en Haïti, est au bord de la faillite. Sa devise consistant à « prodiguer des soins de qualité à tous, sans mettre en avant l’argent, risque d’avoir des effets dévastateurs sur l’institution». « Nous ne pouvons pas laisser un patient mourir alors que nous sommes en mesure de faire quelque chose pour sauver sa vie », a argué un membre de l’administration de l’hôpital, au cours d’un entretien exclusif au journal le mardi 12 novembre 2019.

Sans avancer de chiffres, notre source qui travaille depuis plus de 20 ans à l’hôpital insiste sur le fait que l’HBM fait face à de graves difficultés financières.  Les dettes des créanciers s’accumulent tandis que la majorité des patients- de la petite bourse ne paient presque pas les frais de santé. « Nous sommes  arrivés au point que nous ne pouvons plus tenir et répondre aux demandes de la population. Si cela continue, nous allons fermer département par département », a-t-elle précisé.

Notons que l’administration de l’HBM commence à prendre des mesures drastiques. Pour l’heure, un bon nombre d’employés ont été mis en disponibilité. « On ne le fait pas de gaieté de cœur, c’est la situation qui nous l’oblige », a-t-elle déploré. .

Depuis le retrait de la Croix-Rouge américaine en 2011, l’hôpital Bernard Mevs ne bénéficie d’aucune aide financière. Il survit à partir de ses recettes internes. Durant les deux mois de « peyi lòk », les responsables ont opté pour fournir uniquement des soins d’urgence, sachant que la majorité des hôpitaux du pays subissent l’effet de la paralysie générale des activités. « Un lit de soins intensifs pour un patient avec un trauma majeur nous coûte entre 1 500 et 3 000 dollars américains », ont détaillé les Drs Bitar (responsables de l’hôpital), soulignant que la réanimation coûte cher dans tous les pays du monde.

Cette menace qui plane sur la tête de leur institution, ajoutent-ils, ils l’ont prévue après la fermeture de l’hôpital de Médecins sans frontières de Tabarre qui était spécialisé dans la prise en charge des traumas. « Tous les patients qui fréquentaient cette institution se sont tournés vers nous », ont-ils expliqué, faisant savoir que durant les trois derniers mois, l’hôpital a soigné environ 230 plaies par balle gratuitement, sans compter les accidentés de la voie publique et d’autres cas d’urgence.

Disposant d’une unité de soins intensifs, d’un CT Scan de 16 tranches, de 4 salles d’opérations équipées à la pointe de la technologie, d’un X-Ray digital, d’un atelier de prothèse de haut niveau, entre autres, l’hopital Bernard Mevs, « c’est le modèle d’institution priorisant la santé à la place de l’argent », indique Maryse Saint-Joie, une garde-malade qu’on a rencontrée à l’hôpital ce mardi. Son père soufrant d’un AVC a été pris en charge d’urgence sans aucun dépôt. Elle se dit reconnaissante et appelle à la préservation de l’hôpital.

Edrid St Juste Source Le Nouvelliste

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